"On naît libraire !" Interview de Pierre, 2

(Suite de l'interview de Pierre démarrée ici.)

 

http://officeimg.vo.msecnd.net/en-us/images/MB900286448.jpgALON : Parlons davantage du travail du libraire... Les auteurs qui lisent le blog se demandent comment on achète ses livres quand on est libraire.
PL : Ici, on voit peu de représentants, mais ils font leur travail de prescription. Le choix du libraire de pousser ou pas un livre se fait sur la couverture ! Il faudrait donner à l’auteur le choix de la couverture et du titre : c’est 90% du choix d’achat par le client. Je me refuse à pousser un auteur « super médiatisé ». Je laisse la presse et les média le faire. Mon boulot est de trouver un premier roman. Le dernier exemple en date : Davodeau, j’ai craqué sur sa dernière BD –même si ce n’est pas du tout un novice.http://www.etiennedavodeau.com/imagesacc/expoIgnorantsDouarnenez.jpg

 

ALON : La prochaine question porte justement sur les critères de choix : qu’est-ce qui fait que tu n’achèteras jamais tel ou tel titre, ou qui te feront craquer sans réfléchir ?
PL : Je me refuse à la sinistrose, les ouvrages glauques, trash...
(Vincent, un autre des vendeurs, passe à ce moment.)
ALON : Heureusement que Vincent est là pour en vendre !
PL : Oui, je laisse ça aux ados pré-pubères ! Moi, je cherche les bouquins gais, sensibles. La production est plutôt triste, désabusée, résignée. Je cherche des livres qui nous sortent du quotidien, nous tirent vers le haut. Si ce n’est pas le cas, je ne pousse pas le livre : on est là pour donner des bouffées d’oxygène aux clients !

ALOhttp://officeimg.vo.msecnd.net/en-us/images/MB900449055.jpgN : Comment fais-tu pour promouvoir les nouveaux auteurs ?
PL : Il faut en parler, les lire, les chercher... dans le désordre. Sans tricher : ce n’est pas parce que c’est un nouvel auteur que c’est forcément bon, ou un « vieil » auteur que c’est forcément bon.
ALON : Ou mauvais...
PL : Il faut que les nouveaux auteurs soient bons ! La difficulté est de se faufiler dans la masse : soigner la couverture, communiquer avec les libraires de sa ville, de sa région. Si le livre est bon et si le libraire fait son travail, le livre aura du succès. Localement, mais c’est au moins ça ! L’auteur qui travaille dans son coin restera seul, avec son excellent produit. Il ne faut pas se dire « j’ai écrit le roman du siècle, tout le monde va le vouloir », il faut arriver à promouvoir son livre. Est-ce que les jeunes auteurs communiquent sur ton blog ?
ALON : Je le fais pour eux !
PL : Ben voilà ! C’est aussi un moyen de communication ! Ce n’est pas de la prétention que de promouvoir son bouquin... L’accouchement va jusque là.

 

(A suivre...)

Cristophe 20/01/2012 20:14

D'Étienne Davodeau, j'avais craqué sur "Les mauvaises gens"
http://1671137.fr/blog/2010/03/31/etienne-davodeau-les-mauvaises-gens-2/
Je viens d'acheter son dernier livre en ne le feuilletant qu'à peine, je le lirai dès que j'aurai fini l'en-cours.

A l'ombre des nénuphars 20/01/2012 22:49



Tu vois que nous pouvons avoir des auteurs en commun ;)


Bizz bizz !



Antoine Rausch 20/01/2012 18:22

J'aime beaucoup le terme d'accouchement utilisé par Pierre. Vivement la suite de cette interview!

A l'ombre des nénuphars 20/01/2012 18:29



Héhé, il faut patienter quelques jours... En attendant, tu as du travail ! ;)



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