Les libraires à l'honneur : Eloïse, suite et fin

 (Suite de l’interview d’Éloïse)

G. : Concernant l’événementiel (dédicaces, salons, etc.) : y participes-tu, en organises-tu ? Peux-tu en mesurer l'impact sur le chiffre d'affaire ?
E. : Au niveau du magasin, les dédicaces sont très rares. On n’en fait pas du tout en jeunesse : la situation géographique du magasin n’est pas « accrocheuse », même avec des auteurs locaux. On n’a pas d’auteurs assez connus pour attirer du monde. Il y a donc blocage de la direction : c’est le problème d’être dans un grand magasin où l’on dépend de plusieurs niveaux de décision.
J’ai travaillé sur de l’événementiel au niveau du centre arthurien et de mon association de jeux de rôle. On met l’accent surtout sur la communication. Au niveau des activités, on ne se contente pas seulement des dédicaces, mais on organise d’autres événements pour occuper la journée (fête médiévale, animations, etc.) qui attireront le grand public davantage qu’une simple dédicace. Au cours de ces événements multiples, les auteurs vendent beaucoup surtout s’ils sont très communicatifs avec le public : si l’auteur a un bon relationnel, on a plus envie d’acheter. Ainsi lors de notre dernier événement « rôliste », tous les livres de jeu en dédicace se sont vendus, alors que leur prix moyen était aux alentours des 30€.

G. : On dit que les ventes de livres baissent régulièrement depuis cinq ans... Soyons optimistes !
Dans ton rayon, quel est le public le plus assidu ?
http://www.lecture-academy.com/local/cache-vignettes/L115xH163/arton6592-ce89b.jpgE. : Les adolescentes ! Elles ne vont pas pouvoir attendre la sortie en petit format et se jeter sur les grands formats, par exemple Stephenie Meyer toujours vendu en grand et qui ne part pas en poche (1 à 2 la semaine de sortie...).
Il y a également les parents et grands-parents qui viennent acheter pour des enfants et qui sont à la recherche de conseil. Ceux-ci s’attachent à l’aspect visuel pour que ça plaise à l’enfant. Cela peut être inattendu : les personnes les plus âgées n’accrochent pas aux couleurs alors que les enfants oui. Le travail du libraire est alors de faire comprendre aux adultes les goûts des enfants. Les adultes sont toujours attirés par les noms les plus connus : Tchoupi, Martine, Oui-Oui. Les petits eux sont attirés par les livres où ils peuvent toucher, jouer, manipuler : pop-ups, tirettes, fac-similé... ce sont des livres avec lesquels ils peuvent jouer ! Le visuel compte aussi.

 

G. : Quel est ton regard sur la numérisation des textes en général et la lecture sur liseuse/écran en particulier ?
E. : La numérisation des textes est essentielle pour les conserver et pour continuer à faire vivre des livres qui, sur papier, ne marchent plus : ils sont si peu vendus qu’on ne les commercialise plus mais on a toujours des lecteurs potentiels qui les recherchent sans pouvoir les avoir sur papier.
La numérisation peut se révéler très pratique pour les manuels scolaires, les livres d’études, les classiques : cela permet de transporter beaucoup de textes en un poids minimal.
Enfin, les livres numériques sont intéressants pour les « voyageurs ». Toutefois, cela peut faire du tort au livre de poche, le plus vendu en période de vacances.

G. : Quel est ton dernier coup de cœur ? Quel est l’auteur / le titre que tu garderas toujours en fonds de rayon ?
E. : Mon dernier coup de cœur : une série qui a commencé il y a un bout de temps : A comme Association (Bottero, Erik L’Homme). Ils sont géniaux !

http://www.acommeassociation-leslivres.fr/images/01.jpg

 

http://www.wiz.fr/commun/n172x244/27/etrange-vie-nobody-owens.jpgCeux que j’essaie de garder toujours en rayon : L’étrange vie de Nobody Owens (Neil Gaiman), Harry Potter ; je vais suivre désormais Boterro et L’Homme ; Claude Ponti pour la jeunesse : Pétronille et ses cent vingt petitshttp://www.ecoledesloisirs.fr/php-edl/images/couvertures/33045.gif, qui reprend des comptines, des expressions qui parlent bien aux parents aussi ; Pef avec Le prince de Motordu ! ; il y a aussi le désopilant Journal d’un chat assassin et le classique Où est Charlie ? Et pas mal d’autres !


G. : Veux-tu ajouter un conseil pour Gertrude, ou un dernier mot aux lecteurs ?
E. : Un mot pour les auteurs qui lisent ce blog : il ne faut pas s’arrêter à l’écriture d’un texte, mais voir plus loin et réfléchir au lien qui va se créer entre le livre et son lecteur. Par exemple, des lecteurs d’Harry Potter ont reproché à JKR de leur avoir « repris » l’histoire lorsqu’elle a affirmé que Dumbledore était homosexuel. Un lien très fort peut donc se créer entre lecteur et histoire, et qui fait le succès du livre finalement.

G. : Merci beaucoup ! Et bonne continuation :)

Cristophe 01/08/2011 19:15


Un auteur dit "jeunesse" que j'aime beaucoup : Christian Voltz. Il a son site là-bas :
http://www.christianvoltz.com/


A l'ombre des nénuphars 02/08/2011 12:06



Merci ! Je vais aller voir ça :)


Bizzz bizzz



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