Devoirs de vacances 8

  • A l'ombre des nénuphars
  • Livres

Devoirs de vacances, antépénultième (ce qui veut dire, pour les moins assidus en cours de latin, « après celui-ci, encore deux ») !

J’ai choisi ce titre parce qu’il était en top des ventes d’une grande chaîne culturelle près de chez moi, que je le voyais sur table partout et que je n’ai jamais lu (ouhouhouh honte sur moi) de roman de Katherine Pancol. La couverture a attiré mon œil, la quatrième de couverture m’a alléchée, et hop ! acheté.

 http://www.lecerclepoints.com/images/couvertures/m/9782757828977.jpg


Le mot de l’éditeur

 

« Juillet 1968, Juliette, Martine et Bénédicte quittent Pithiviers pour venir vivre à Paris. 18 ans, des défis plein les poches, une certitude : la vie leur appartient. Mais le monde ne se laissera pas conquérir comme ça. La vie n’est ni un conte de fées, ni un film sur grand écran.

Ce roman d'apprentissage raconte les rêves et les appétits de toute une génération. »

 

 

Mon avis

 

Trois provinciales qui montent à Paris juste après les événements de 1968, "les rêves et les appétits de toute une génération", j’étais curieuse de lire cela. Je m’attendais à des engagements politiques forts, à de l’idéalisme social, à des rêves puissants… je suis bien heureuse de ne pas faire partie de cette génération, finalement.

 

En fait d’engagement politique, il y a Juliette qui ne rêve que de se trouver un beau mec qui soit un « bon coup » (je cite) ; l’idéalisme est celui de Bénédicte qui pense qu’elle est embauchée sur ses capacités cérébrales alors qu’elle accepte un dîner en tête à tête dès le soir de l’entretien d’embauche ; enfin, des rêves, il y en a bien (ouf !), ceux de Martine qui veut partir aux États-Unis pour vivre son rêve américain. On trouve aussi un gigolo, un artiste aux allures d’obsédé sexuel (mais plutôt drôle), un pervers violent et meurtrier qu’on devine dès la première description (et quelle déception de découvrir que c’est effectivement lui, le meurtrier), et parfois (ouf ! encore) un bon moment :

 

« La grande surface, c’est comme un jeu de l’oie. Case départ, vous entrez avec un caddie vide et un portefeuille plein. Case arrivée : votre caddie déborde d’articles en "promotion" et votre porte-monnaie sonne creux. (…) Pour faire des économies, il faut marcher accroupi. (…) Vous vous redressez et toc ! les étiquettes frappent. On paie sa dignité. » (p. 72).

 

Je n’ai pas accroché aux histoires désespérément « normales » de ces personnages petits, étriqués, tristes, déprimés. Je n’ai pas trouvé de souffle d’espoir, de volonté de grandeur, de bonté. Et surtout, surtout, j’ai été outrée par les violences sexuelles que vivent ces femmes, et surtout par le fait qu’elles les vivent plutôt pas mal (dans le genre « bah, c’est la vie, quoi »).

Par exemple, Juliette accepte de coucher avec son employeur, contre rémunération régulière : de la prostitution, donc. Lui prend son pied en la violentant ; Juliette, elle, ferme les yeux et subit. Lui s’en va, elle empoche, et hop, c’est passé, elle va vite coucher avec son amant l’artiste sympa.

Bénédicte couche avec son employeur, un peu façon "clause de contrat", contrainte elle aussi.

Martine, elle, couche avec son amoureux, mais évidemment, son rêve est l’Amérique, pas l’amour. Et une fois en Amérique, elle se souvient qu’elle a été victime d’attouchements réguliers, terribles, quand elle était petite.

La sœur de Martine est enlevée par le meurtrier en série qui terrifie la ville, séquestrée, torturée, menacée de viol et de mort… elle réussit à s’enfuir (là, j’ai eu un espoir : chouette alors, enfin une héroïne !) et puis après… ben, elle redevient crétine comme ses pieds, se fait mousser et ne réfléchit pas plus loin que le bout de son nez.

Aucune ne fait de cauchemar, ne vit d’angoisses, n’a de problème physique liés à ces formes de violences sexuelles.

On ne parle jamais de contraception. Personne ne tombe enceinte (ou alors j’ai  oublié), la crainte de la grossesse paraît accessoire, et je ne me souviens pas qu’un de ces personnages au comportement sexuel débridé ait contracté une quelconque maladie vénérienne.

 

Bref, j’ai trouvé ce roman ennuyeux (même la résolution de la fameuse « enquête » est tellement simpliste que le seul élément de suspense est de savoir pourquoi les personnages du livre n'ont pas compris qui est le coupable), les personnages creux et incohérents, l’intrigue plate.


C’est une déception terrible. Sur Internet, les critiques sont partagées ; toutefois, les lecteurs doivent aimer puisqu’ils achètent. Ma théorie pour expliquer ces ventes : les lecteurs de la trilogie de Pancol dont le dernier tome est sorti l’an dernier se sont rabattus sur cette réédition, qui leur paraît bien meilleure qu’elle ne l’ait en réalité, sous l’effet du manque.


Informations complémentaires

7,90 € // 608 pages

Paru le 10/05/2012 chez Points, en 1985 au Seuil

EAN 9782757828977

Cristophe 04/09/2012 23:04

J'aime bien dire "antépénultième". Quand on ne me comprend pas, j'explique : "avant-avant-dernier"...

A l'ombre des nénuphars 05/11/2012 11:14



:D itou !



Personnaly © 2014 -  Hébergé par Overblog