Morwenna de Jo Walton

  • À l'ombre des nénuphars - Gertrude - Sandrinoula
  • Livres, Utopiales

En cette fin d’année au cours de laquelle il est de coutume d’offrir des présents à ceux qu’on aime, je vous offre une chronique… mais la chronique d’un livre qui permet d’en découvrir des dizaines d’autres. Ainsi qu’un petit séjour au pays de Galles. Enjoy.

 

Le début de l’histoire (ne lisez pas la 4e de couverture des éditeurs, laquelle en révèle trop !)

Jeudi 1er mai 1975. Début du journal intime de Morie. On y découvre sa sœur, Morganna, et leur belle complicité, avec l’imaginaire gallois pour ciment.

Puis le « vrai » journal commence. Nous voici en 1979. Morie est désormais seule, pensionnaire dans un lycée qu’elle déteste, entourée de camarades avec lesquels elle semble ne pouvoir rien partager ; elle commence à découvrir son père avec lequel elle n’a jamais vécu.

Sa seule lumière : la bibliothèque et les rencontres organisées autour de la science-fiction.

Morwenna de Jo Walton
Morwenna de Jo Walton

Mon avis
Au fil des pages de son journal, Morie nous révèle son histoire et se confie sur ses parents, ses tantes, ses camarades de pensionnat, ses lectures, ses amies les fées. On s’attache très vite à cette adolescente cabossée par la vie, à l’âme pleine de rage, de douleur, comme elle peut l’être lorsqu’on vit un deuil. Et comme souvent afin de surmonter le deuil, on s’accroche à des espoirs insensés – pour Morie, c’est son amour des fées et de leur conversation étrange qui fait office d’étoiles. Ainsi que le club de lecture, et les discussions avec le charmant Wim, et la lecture des grands romans de science-fiction, par exemple le splendide cycle d’Ambre de Roger Zelazny, ou le cycle de Pern d’Anne McCaffrey ; et d’autres titres que je ne connaissais pas comme ceux Delany, Dodi Smith, Brunner…
Un seul gros problème : passé composé et passé simple sont confondus tout au long du roman. Mélanger ainsi temps du récit au présent avec temps du récit au passé me rend dingue ! Et me donne envie de relire le texte en version originale,et non pas traduit.

Ce beau roman évoque le deuil, bien sûr. Il constitue également une superbe ode à la science-fiction et au pouvoir salvateur de l’imaginaire, mais aussi aux bibliothécaires et à tous les passeurs de littérature sans lesquels le monde se montrerait dans toute sa cruauté.

 

Comment j’ai découvert ce titre
Il a été mis en avant lors des Utopiales en 2014, au cours desquelles Jo Walton était invitée. Il figurait dans ma liste, et est soudainement remonté dans mes priorités de lecture lorsqu’un de mes anciens collègues informaticiens, fan de SF, me l’a chaudement recommandé.

Merci, Laurent !


Extrait
« Voyez ça comme des Mémoires. (…) Ceci n’est pas une belle histoire, et ce n’est pas une histoire facile. Mais c’est une histoire qui parle de fées, donc sentez-vous libre de penser que c’est un conte de fées. De toute façon, vous n’y croyez pas. » 
(p. 19)

 

Informations complémentaires
Morwenna, de Jo Walton
Traduction de l’anglais (Pays de Galle) par Luc Carissimo
Éditions Folio SF 
(Grand format : éditions Denoël, collection Lunes d’encre)
432 pages, sous couverture illustrée, 108 x 178 mm
Pays : Royaume-Uni
ISBN : 9 782 070 469 307
8,20 €


Bonus : Jo Walton aux Utopiales 2014

Cristophe 27/12/2016 09:34

Comment, concernant la littérature, peut-on faire confiance à un informaticien ? d:-)

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