Le Goût des cendres, de Maëlig Duval

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Quelle jeunesse n’a pas rêvé de changer le monde ? Quelle adolescente enthousiaste n’a pas souhaité être admirée des siens ?
Et en cette période électorale, quel citoyen n’aimerait pas soulever le voile des coulisses du pouvoir ?

Le mot de l’éditeur
Une jeune fille de province ambitieuse traverse guerre, révolution et épidémie avec toujours le même but : revenir vers sa famille auréolée de gloire.
Alors que les combats font rage aux frontières du royaume, elle s’introduit auprès des puissants d’une grande ville concurrente de la capitale et participe à un complot contre le roi.
D’amis en ennemis, d’espoirs en désillusions, elle se lancera par amour au cœur d’une insurrection, affrontera les préjugés pour sauver sa vie, connaîtra la traîtrise et l’amitié, sans jamais oublier son objectif : rentrer au pays et y être adulée.
Un royaume désenchanté qui n’est pas sans rappeler la Renaissance italienne et la Révolution française. Une ville qui tente de sauvegarder sa grandeur en s’enivrant de théâtre et d’opéra.

Mon avis
Le Goût des cendres pourrait être une romance, puisque le cœur d’Aldire balance entre raison et passion, voire entre plusieurs passions, entre artistes et hommes aux situations « respectables ». On pourrait le classer en roman d’aventures dans le genre steampunk, avec voleurs, mercenaires, tentatives d’assassinat, attentats, évasions spectaculaires, savants fous (ou tout au moins passionnés) et laboratoires où pullulent les inventions mécaniques, à vapeur, et autres.
Les férus d’Histoire, eux, y retrouveront le souffle de folie de la Révolution française ; les amateurs de post apocalyptique se délecteront de ce tableau de la déchéance d’une civilisation, sous les coups conjugués de l’idiotie des humains et peut-être de la colère des divinités.
Ce pourrait également être un roman d’initiation : l’héroïne, Aldire, est âgée de 16 ans lorsqu’elle arrive dans la capitale de la région ennemie de la royauté. Elle est bien jeune, certes, mais son fiancé et elle nourrissent l’espoir de dénoncer les malversations du pouvoir en place – et ils en ont les moyens. On suit Aldire dans sa découverte de la « grande ville », et on ne peut pas dire qu’elle passe inaperçue ! Maladresses et incompréhensions liées aux différences culturelles foisonnent. Toutefois, la découverte suscite parfois l’émerveillement ; et les émotions puissantes qui s’emparent d’Aldire lorsqu’elle entend jouer pour la première fois un violoniste virtuose sont si bien rendues par l’auteur que l’on tremble d’émoi avec Aldire.
Attention, ce n’est pas du tout un roman « jeunesse » : Aldire va être très vite confrontée à la violence, qui va monter crescendo jusqu’à l’acte le pire qu’il soit. Certaines scènes dans le dernier tiers du bouquin sont sans concession, et font froid dans le dos en montrant comment le monstre que porte en lui chaque humain peut se révéler.
Je l’ai lu et relu (oui, déjà !) ; et j’y ai découvert à chaque fois des détails, des rappels, des clins d’œil : quelle richesse !
Enfin, une mention spéciale pour la couverture, qui rend fort bien l’ambiance de fin de règne du roman.
Pour conclure, on retrouve dans ce roman transgenre la très belle plume de Maëlig Duval, dont la poésie parvient toujours à illuminer les univers sombres dépeints sans fard. L'auteure nous plonge habilement dans la folie révolutionnaire : intrigues de couloir, artistes engagés, médias manipulés, fonctionnaires coupés du réel, dans un pays où la Raison se voudrait plus forte que tout. Superbe !

 

Bonus : extraits

À lire aussi
L’Après-Dieux, de Maëlig Duval aux éditions Griffe d’encre

 

Informations complémentaires
Le Goût des cendres, de Maëlig Duval
Éditions du Riez, collection Brumes étranges
Diffusion et distribution : Lokomodo
Date de parution : 2 avril 2014 - disponible
Format : 15,5 x 23,50 cm - 592 pages
ISBN : 978-2-918719-77-9
Prix public : 19.90 €
Illustration de couverture : Vincent Devault

Le Goût des cendres, de Maëlig Duval

Nariel 20/04/2014 19:10

Hum, je crois que je me le prendrai sur liseuse tiens ! :)

A l'ombre des nénuphars 21/04/2014 10:31

N'hésite pas Nariel ! :)

Alba 09/04/2014 22:14

Tu m'as convaincue : hop, précommandé, en version liseuse. :)

A l'ombre des nénuphars 09/04/2014 23:29

Tu m'en diras des nouvelles ! :)

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